Finance et risque de change
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Par Philippe Gelis

Bandits, cartels et mousquetaires

Publié janvier 27, 2015

Comment éradiquer les malversations qui entachent le marché des changes?

Comment le plus grand marché du monde a-t-il pu être la victime de malversations 5 années durant? Et comment être sûr que ces abus ne se reproduiront pas?

Telle est la question que beaucoup se posent à la lumière des amendes d’un montant total de 4,3 milliards de dollars que se sont récemment vu infliger six des plus importantes banques du monde (UBS, Citi, JP Morgan Chase, HSBC, Royal Bank of Scotland and Bank of America) pour leur implication dans les manœuvres frauduleuses qui ont ébranlé le marché des changes. On s’attend à ce que d’autres noms viennent prochainement s’ajoutées à cette liste.

Comment ont-ils pu s’en tirer aussi longtemps…

Le scandale du Forex concernait essentiellement l’indice WM/Reuters aussi connu à Londres sous le nom de « Fixing de 16h ». Des traders du monde entier ont utilisés la technologie pour manipuler les taux de change de façon à favoriser leurs propres positions sur les marchés.

Ils communiquaient par internet via messagerie instantanée pour s’accorder sur les prix, allant jusqu’à se baptiser eux-mêmes « Club des bandits », le « Cartel », les « Trois Mousquetaires » ou encore la « Coopérative ».

Le marché des changes ne dort jamais, il est ouvert 24 heures sur 24. Mais à Londres, tous les jours ouvrés à 16h, les échanges s’arrêtent l’espace d’un instant pour que l’indice WM/Reuters, aussi appelé « fixing de 16h », soit mis à jour. 

Le « fixing de 16h » vise à définir les taux de référence pour 160 devises. Les données de marché sont analysées pendant une minute (30 secondes avant 16h, 30 secondes après) de manière à fixer les taux qui serviront de références dans les achats et ventes de devises du monde entier.

C’est cette minute d’ajustement (appelée « banging close » en anglais) qu’utilisaient les traders pour manipuler les taux.

Après s’être accordés sur les prix, les traders procédaient à des opérations massives d’achat ou de vente de devises afin de diriger les taux dans la direction souhaitée avant d’effacer toute preuve de malversations.

L’Autorité Anglaise de Régulation (Financial Conduct Authority) a publié des extraits de conversations issues des chats dans lesquelles on peut voir les traders se congratuler et se réjouir du succès de leurs manœuvres. On y lit des: “Génial, super travail d’équipe”, de la part de certains traders. Les extraits dévoilent également des conversations où les traders se concertent sur l’admission de nouveaux membres et leur capacité à garder le secret.

Mais le plus inquiétant dans cette affaire réside dans le fait que certaines banques avaient été averties des activités illicites de leurs traders et pourtant, aucune d’entre elles ne s’est décidée à agir.

Ce scandale bancaire sera t’il le dernier?

Pour rappel, après la crise financière de 2008, le scandale du LIBOR avait éclaté au grand jour et des acteurs majeurs du secteur bancaire s’étaient vu infliger de lourdes amendes pour avoir manipulé le London InterBank Offered Rate.

L’Union Européenne avait à elle seule infligé 2,3 milliards de dollars d’amende à 8 banques après le scandale du LIBOR parmi lesquelles Deutsche Bank, Rabobank, UBS et RBS. Si l’on ajoute à  cette amende le coût potentiel des actions individuelles engagées contre ces banques, le coût total de l’amende pourrait dépasser les 30 milliards de dollars.

Dans un contexte où les économies mondiales essaient tant bien que mal de se remettre de la crise financière de 2008, le scandale du FX vient s’ajouter à celui du LIBOR et à chaque fois des banques mondialement réputées se sont retrouvées au cœur de la tourmente. Dans ces conditions, comment restaurer la confiance et s’assurer que ces scandales appartiennent aux choses du passé?

La solution aux malversations

En réponse aux différentes affaires qui entachent le marché des changes, l’opinion appelle souvent à un renforcement de la régulation et, même si c’est parfois nécessaire, la solution pour éliminer les risques de malversations sur le marché des changes reste la technologie.

Chez Kantox, spécialiste du change de devise pour les PME, nous essayons depuis notre création en 2011 de nous servir de la technologie pour apporter transparence et sécurité sur le marché des changes.

Ce dernier scandale portant sur l’indice WM/Reuters a servi à démontrer que le système était loin d’être infaillible et que les taux pouvaient être manipulés.

C’est l’opacité qui entoure le marché des changes, et dont j’ai pris connaissance lorsque j’étais consultant chez Deloitte, qui a constitué une des raisons principales pour lesquelles j’ai  décidé de fonder Kantox. J’ai senti que ce secteur était prêt à changer et avec Antonio Rami (mon co-fondateur), nous avons eu l’idée d’une solution alternative et innovante dont les maîtres mots seraient transparence, équité et efficience. C’est ce dont les 800 PME qui ont choisi de nous faire confiance bénéficient aujourd’hui.

Le système financier qui est en place aujourd’hui repose sur l’éthique des traders. Et des problèmes surgissent lorsque l’un d’eux abuse du système. Les banques affirment avoir renforcé leurs systèmes et leurs procédures pour contrer les malversations mais après la crise financière mondiale et le scandale du LIBOR peut-on vraiment les croire?

Alors que les traders des grandes banques ont utilisé la technologie pour s’entendre et s’enrichir, elle pourrait et devrait être utilisée pour échanger des devises de manière totalement transparente et sans intermédiaires.

Avec Kantox, les transactions ne se basent jamais sur l’indice WM Reuters.

Sur la plateforme développée par Kantox, nous proposons les taux mid-market actualisés en temps réel et mettons en relation des entreprises fiables sur notre place de marché afin qu’elles puissent échanger des devises en toute confiance et en toute transparence.

Les banques ne servent plus d’intermédiaires et cela nous permet d’offrir des taux en temps réel complètement transparents ainsi qu’une commission unique de 0.29%, que nous affichons avant l’exécution de toute transaction.

La FinTech (Financial Technology) doit servir de base si on veut ne plus revoir de tels scandales sur le marché du FX et les banques, en ignorant sciemment les vertus de la FinTech affichent clairement leur refus de mettre en place une solution qui garantirait l’éradication des malversations financières.

Si l’on en croit la tendance qui s’établit depuis 2008, les solutions innovantes sur le marché du FX viendront de manière presque certaine du secteur de la FinTech qui a déjà montré qu’une bonne utilisation de la technologie se traduit par une solution efficiente et transparente.

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